sans mobile apparent

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by patrick delperdange

« Tu sais où c’est qu’on va, quand on meurt, Bernard ?

- Non, qu’il a dit. Vous, vous le savez ?

- Ouais, mon gars, j’y ai dit. Le Seigneur a veillé à tout, ça je peux te l’affirmer. Il a réservé une place pour chacun de nous dans un endroit qui s’appelle le paradis. C’est un endroit peinard où t’as qu’à tendre la main pour cueillir les fruits mûrs, et dès que t’ouvres la bouche, il y a des fontaines de liqueur qui te coulent à l’intérieur.

- J’aime bien les liqueurs, qu’il a dit. J’espère que moi, j’irai au paradis.

J’ai poussé un soupir.

- Pour ça, il faut le mériter, mon gars. Il y a pas tout le monde qui pourra y aller, au paradis. Ceux qui ont le cœur pourri, eh ben, le Seigneur, il leur fermera la porte et il leur dira de s’en retourner d’où qu’ils viennent. »

Le Bernard, il m’a regardé de ses petits yeux enfoncés dans son visage, il a ouvert la bouche en faisant une vilaine tête, et puis, en silence, des larmes se sont mises à couler tout lentement le long de ses joues.”

Vers les ténèbres, roman en cours.